Durant la vie embryonnaire, les mécanismes mis en jeu dans le développement sont extrêmement complexes. Chaque étape conditionne le bon déroulement des étapes suivantes : c’est ce que l’on appelle l’épigenèse.
Des anomalies peuvent survenir à chaque étape.
Elles seront d’autant plus graves qu’elles surviendront plus précocement.

  • Avant la neurulation, la quasi-totalité des anomalies interrompent le développement embryonnaire.
  • Les anomalies qui surviennent durant la 4e semaine peuvent permettre la survie de l’embryon jusqu’à la naissance. Les malformations seront toujours graves.
  • Durant le 2e mois, les malformations sont moins graves, mais certaines mettent en jeu la survie de l’enfant. Ce sont par exemple les malformations cardiaques ou celles concernant le développement de l’arbre respiratoire ou le développement du système nerveux.

Si certaines anomalies sont dues à des anomalies génétiques (anomalies congénitales), d’autres sont dues à l’action temporaire de facteurs externes regroupés sous le terme de facteurs
tératogènes.
Contrairement aux anomalies chromosomiques ou géniques, ils ont des effets polymorphes, variables et aléatoires.
Toutefois des anomalies géniques, normalement silencieuses, peuvent entraîner une prédisposition à certains facteurs tératogènes.
Durant les 3 premières semaines, les effets répondent à la loi du tout ou rien : soit il ne se passe rien, soit les anomalies sont majeures et entraînent un avortement.
Par la suite, les effets dépendent beaucoup du moment et de l’intensité de l’exposition : pour chaque phase du développement il existe une fenêtre critique où la sensibilité aux facteurs tératogènes sera maximum.

LES PRINCIPAUX FACTEURS TERATOGENES

Les radiations ionisantes

Elles agissent à faible dose. Tout examen radiologique entraînant une irradiation du bassin doit être proscrit dans les 3 premiers mois de la grossesse. A fortiori, si une irradiation thérapeutique (à doses beaucoup plus élevées) est indispensable durant la grossesse, elle devra être accompagnée d’un avortement thérapeutique.

Les médicaments

Bien que le placenta joue un rôle de filtre et protège partiellement l’embryon, un certains nombre de médicaments ont un effet tératogène :

  • L’effet est évident pour les médicaments antitumoraux qui s’opposent à la multiplication cellulaire.
  • De même certaines thérapeutiques hormonales peuvent avoir des effets tératogènes. Le distilbène, utilisé il y a 20 ans, entraîne au cours de la période fœtale des métaplasies de l’épithélium vaginal avec une incidence accrue de cancers à l’adolescence et au début de l’âge adulte.
  • Les hormones mâles peuvent viriliser un foetus féminin in utero.
  • Les anti-convulsivants peuvent induire des malformations et une débilité.

L’effet tératogène est variable suivant les espèces

c’est le cas de la thalidomide (actuellement utilisée dans le traitement de la lèpre). Ce produit entraîne des malformations multiples chez l’homme alors que l’effet tératogène n’avait pas pu être mis en évidence par expérimentation chez l’animal.

Les effets tératogènes sont toujours très difficiles à mettre en évidence chez l’homme

C’est pourquoi tout nouveau médicament ne doit pas, par principe, être prescrit en début de grossesse, tant qu’il n’a pas fait la preuve de sa totale innocuité pour le conceptus.

Les toxiques

Tout contact de la mère avec des toxiques doit être évité.

  • Les métaux lourds comme le mercure donnent des syndromes polymalformatifs.
  • L’alcoolisme entraîne une hypotrophie, des malformations de la face et une atteinte de l’intelligence.
  • Le tabac entraîne des hypotrophies fœtales (il diminue le débit de la vascularisation placentaire et l’oxygénation du foetus).
  • Le contact avec les solvants organiques doit être évité.

Les infections virales

Elles sont graves, d’autant plus que les moyens thérapeutiques d’une infection virale restent limités.

Le virus de la rubéole

Il a des effets dramatiques : Une infection dans le premier trimestre de la grossesse entraîne 1 fois sur 5 des malformations. Elles sont variables suivant le moment et l’organe atteint : surdité, cataracte, malformations cardiaques, atteintes du système nerveux central. C’est pourquoi il est très important de vacciner les fillettes avant la puberté.

Les autres virus

Les autres virus ont des effets moins constants et plus variés

  • Le cytomégalovirus peut, au cours du 2e trimestre, provoquer des anomalies du faciès et des lésions cérébrales.
  • Le virus de la varicelle (herpès zona) peut également induire des lésions fœtales.
  • Le V.I.H. n’est pas tératogène mais peut infecter l’enfant. Au cours du 3e trimestre, il peut traverser le placenta, mais de façon inconstante. Il peut également contaminer le foetus au
    moment de l’accouchement.

En Europe, on considère que 15% des enfants de mères porteuses vont être contaminés. Ce chiffre est de 45% en Afrique. Le traitement des mères semble réduire le risque de contamination fœtale.

Les infections bactériennes

Toutes les bactéries peuvent, en cas de septicémie maternelle, atteindre le placenta.
La listériose (Listéria monocytogenes) est une infection bactérienne particulièrement grave. Elle atteint électivement le placenta et met en jeu la vie du foetus.

Les infections parasitaires

La toxoplasmose

Le toxoplasme est un protozoaire parasite qui peut traverser le placenta. Il provoque des anomalies oculaires et des anomalies du système nerveux central.

Les facteurs divers

L’hypoxie

Quelle qu’en soit la cause (infection, traumatisme, jumeau transfuseur, intoxication par l’oxyde de carbone…), elle peut léser tous les viscères mais plus particulièrement le cerveau.


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